Se construire une identité

Dans les faits, tout devrait être simple. Lorsqu’on naît, nos parents nous attribuent un / des prénom(s) ainsi qu’un ou deux noms. Les prénoms sont sexués et donc attribués en fonction de notre sexe biologique. Toute notre vie, nous devrons vivre avec cette identité que l’on a choisie pour nous et sur laquelle on aura construit la base de ce que nous sommes aujourd’hui. Le mariage permettra à certaines de « changer » une partie de cette identité avec un changement de nom.

Dans la réalité, il arrive que la situation soit plus compliquée qu’il n’y paraît. Si la majorité des gens ne remettrons jamais en cause cette identité, il y a aussi ceux qui pour x ou y raisons souhaiterons en changer / la modifier.

Se construire une identité lorsqu’on est enfant sur ce nom / prénom / sexe devrait être, en théorie, facile. On se contente d’évoluer avec ce qui nous est attribué à la naissance et les gens nous reconnaissent comme tels. La réalité c’est que pour moi toute cette étape a été très difficile et qu’encore aujourd’hui elle génère des questionnements en moi. Ce qui suit risque de vous paraître brouillon je vous préviens…

Nous sommes le 9 mars 1986, ma mère accouche de moi. Mes parents ont choisi de m’appeler Séverine, mais toute sa grossesse j’ai porté un autre prénom. Je suis donc de sexe féminin. Je porterai le nom de mon père tout comme ma mère porte son nom.


I.  Pourquoi je suis une fille ?


Nous sommes en maternelle, je commence à me poser des questions sur mon sexe, je ne comprends pas pourquoi je suis une fille, pourquoi je ne peux pas faire pipi debout et pourquoi je n’aurais pas le droit d’avoir des croûtes partout sur les genoux (j’en conviens cette dernière question était ridicule). Le cancre de la classe me fait rêver car il est tout ce que je rêve d’être. Je préfère les voitures, j’aime le bleu, je déteste le rose et je voudrais être pompier depuis que je sais parler (j’étais un beau cliché XD).

Une seule solution : j’ai dû me tromper de corps à la naissance, je voudrais être un garçon et m’appeler Stephane ou Sebastien.

Nous sommes en primaire, ma mère essaie toujours désespérément de me féminiser, mais je ne veux pas voir une jupe, un chemisier ou même un bijou approcher mon corps et je rêve qu’elle me coupe les cheveux courts. J’espère chaque jour d’un pénis va pousser (j’ai de l’espoir). Je déteste les filles / femmes. Pour moi, elles sont faibles alors qu’être un garçon c’est tellement mieux.

J’ai dix ans, ma mère accepte enfin de me couper les cheveux courts, mon rêve d’être un garçon devient réalité, je jubile lorsqu’un adulte parle de moi au masculin. Je n’ai toujours pas de pénis, mais j’obtiens d’être pris pour quelqu’un du sexe que je veux.

Cette incompréhension totale du corps dans lequel je vis me poursuivra jusqu’à mes 16/17 ans environ. Le début de la puberté ayant été un moment dur car je n’acceptais pas d’avoir de la poitrine ou même encore d’être réglée.

Alors que s’est-il passé à 17 ans pour que cette envie de devenir un homme disparaisse de mon esprit ? Il ne faut pas croire que je suis devenue féminine et me suis mise à aimer « les choses dédiées » aux femmes du jour au lendemain car ce n’est absolument pas le cas. Je reste au quotidien très masculine. La seule chose qu’on pourrait qualifier de féminin en moi c’était mes cheveux que j’ai portés pendant 10 ans jusqu’aux fesses, décidant de les laisser pousser à 16 ans, pour au final tout couper court il y a 3 ans.
*APARTE ON * Cette masse de cheveux que j’avais refusé de toucher pendant des années était devenue soudain quelque chose à faire disparaître pour mieux retrouver ce que j’avais toujours été. S’en était devenu vital. *APARTE OFF*

A 17 ans, internet aidant, je me découvre une passion pour les jolies photos de corps nus mettant en scène des femmes. Je trouve terriblement sensuel de voir deux femmes ensemble et je me mets à vénérer le corps féminin que je trouve absolument splendide (ce qui est toujours le cas aujourd’hui).

Les hommes représentent alors pour moi toute la grossièreté de l’univers et je ne comprends pas ce qu’une femme peut trouver de beau à un pénis. J’ai peur des hommes, peur de leurs pulsions et peur d’être en leurs présences. Cette période durera environ jusqu’à mes 26/27 ans. Ceci faisant, je préfère être en présence d’hommes que de femmes pour travailler (logique quand tu nous tiens).

Ceux qui me connaissent se demanderont alors ce que je fous avec un homme depuis 12 ans. Il faut savoir que Steph a toujours connu mon penchant pour les femmes et ma peur des hommes. Il a toujours été patient et compréhensif avec moi.

Je vis aujourd’hui en accord avec ces deux moi qui cohabitent dans mon esprit, je ne me considère pas tout à fait comme une femme, mais je ne me considère pas non plus comme un homme. Je suis une sorte de créature humaine qui en réalité n’a pas vraiment envie de se définir par un sexe et agit en fonction de ce qu’elle ressent au quotidien. J’aime dire que je suis une « fille de la terre ».
 Je suis libre d’être qui je veux être chaque jour.


II.  Pourquoi je m’appelle Séverine ?

Comme je le disais en introduction ma mère m’a pendant toute sa grossesse appelée d’un prénom autre que celui que je porte aujourd’hui. Je l’ai su par la suite, ce prénom m’obsédant depuis un bon paquet d’années. J’aurai pu m’appeler « Virginie » ils ont choisi de m’appeler « Séverine ».

Nous sommes en primaire, j’ai environ 9 ans, une élève porte le prénom que j’aurai toujours voulu avoir, Virginie (comprenez déjà l’ambiguïté du truc entre le fait que je me sens dans le mauvais corps, mais que je vénère aussi un prénom féminin). Je suis jalouse de cette Virginie car elle porte mon prénom. Ce prénom « Virginie » me fait automatiquement penser à la montagne, l’hiver, la neige, il évoque en moi tout ce qui me fait rêver et cela me poursuivra jusqu’à aujourd’hui.

Je n’ai recroisé qu’une « Virginie » dans ma vie, mais ce prénom « Virginie » lui ne m’a pas quitté. Les gens n’ont jamais vraiment réussi à m’appeler Séverine, pour une raison que j’ignore ce prénom ne reste pas dans leur tête et plusieurs m’ont également sorti « Séverine ? Sévère ? » et inéluctablement je finis toujours avec un autre prénom, ce n’est pourtant pas faute de le répéter. Le seul auquel je réagis, lorsqu’ils se trompent, c’est « Virginie » bien sûr.

La encore, internet arrivant j’ai adopté le pseudo de « Mayoka » en 2001, pseudo qui a très vite remplacé mon prénom au quotidien dans la vie courante. J’avais tellement l’habitude qu’on m’appelle Mayoka dans la rue, en soirée, sur le net…que Séverine me faisait toujours sursauter, comme l’impression qu’on appelait une étrangère qui se trouvait être moi, mais dans laquelle je ne me reconnaissais pas.

A 30 ans, il devient de plus en plus important pour moi d’ajouter ce prénom, « Virginie » à mon état civil. Cela fait trop d’années qu’il me poursuit, trop d’années que je rêve de le porter et même s’il ne sera pas en priorité sur mes papiers, il sera là, présent, comme une part de moi-même enfin rétablie que je pourrai légalement utiliser.

Je pourrai également vous parler de mon nom qui a toujours été une sorte de boulet que je me traînais, mais l’histoire risque d’être longue car il faudrait également que je vous parle de toutes mes années de harcèlement scolaire. Quand on est enfant, on pense trop facilement qu’il suffit de changer un élément pour que toute sa vie change, c’est un peu plus compliqué que cela en réalité. La vérité c’est que j’ai beaucoup de mal avec le principe même de l’héritage du nom car c’est hériter des mémoires des générations qui nous ont précédés.


III.  Et aujourd’hui, t’en es où ?

Pour conclure sur cet article qui m’aura valu 3 pages Word pour raconter ma vie, je crois que j’aurai pu faire un très bon sujet d’étude pour un psy.

Plus sérieusement, je pourrai dire que j’ai mis des années à me construire une identité, à comprendre qui j’étais et que l’on ne se définit pas uniquement par le sexe qui nous a été attribué à la naissance. 
Si j’ai rapidement compris que jamais je ne rentrerais dans une case prédéfinie et que je ne pourrai jamais être ce qu’on voulait de moi, il m’aura fallu beaucoup de questionnements sur moi-même pour accepter qui je suis.

Dans le second cas, le souci n’est pas réglé étant donné que la démarche pour faire ajouter un prénom – même secondaire – à l’Etat Civil est – comme beaucoup de choses en France – compliquée et coûteuse car il faut faire appel à un avocat et que ça a peu de chance d’aboutir étant donné que je n’ai pas de quoi justifier que j’utilise ce prénom depuis des années. Ma demande aujourd’hui serait sûrement qualifiée d’injustifiée ou fantaisiste par un juge. Je suis donc en pleine réflexion sur ce point.

Il faut penser à ton avenir #3

Précédents articles :
Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? #1 
Où comment j’ai refusé un CDI #2

« Il faut penser à ton avenir » qui n’a pas vécu avec cette phrase plus ou moins suspendue au-dessus de sa tête ? dite et répété par la famille, les amis ou encore des professionnels. Cette phrase qui fout la pression à tellement de jeunes au point parfois d’écouter les choix que la famille fait pour eux plutôt que d’écouter vraiment leurs envies par peur de l’avenir et du manque d’argent.

On est conditionnés dès l’entrée à l’école à préparer notre avenir, celui qui est censé faire de nous un adulte mature et responsable, celui qui fera qu’on aura notre place dans la société. Mais le fait est que les choses sont plus compliquées…

Chaque fois que j’ai dit à quelqu’un que je ne voulais pas d’un CDI, que je ne voulais pas d’un travail fixe et que ma liberté était ma priorité, on m’a rétorqué que je disais ça aujourd’hui parce que j’étais jeune, mais que la vie allait me rattraper, qu’il faudrait que j’arrête de vivre au pays des bisounours et que je me range comme tout le monde. C’est comme lorsque vous dites que vous ne voulez pas d’enfant en fin de compte. On sait mieux que vous que vous vous trompez et changerez d’avis.

Lorsque je suis tombé malade, après 6 mois d’errances médicales, à aller d’examen en rendez-vous médicaux, à s’entendre dire qu’on restera peut-être dans cet état à vie car on ne sait pas ce que vous avez – vu que tous les examens étaient absolument normaux – j’ai cru devoir abandonner mes rêves, j’ai cru que jamais je ne remarcherai sans mes béquilles, mais j’ai aussi eue deux ans pour réfléchir à ce que je voulais vraiment. J’aurai pu décider d’être raisonnable étant donné que j’aurai sûrement ma fibromyalgie à vie. J’aurai pu choisir de me ranger, faire une reconversion / chercher un CDI pour commencer une vraie vie professionnelle, penser à l’avenir, à la retraite – vous savez celle que vous ne verrez jamais ? – en réalité, j’ai choisi tout le contraire, parce que ces deux ans m’ont conforté dans l’idée que je devais aller au bout de mes rêves et ne pas laisser la société me happer.

Ne croyez pas que c’était simple. Aller au bout de mes convictions a toujours été un fort combat avec moi-même. On est, mine de rien, conditionné à l’idée qu’il faut travailler pendant 40 ans, à l’idée de devoir avoir un salaire pour survivre. Mais au final, c’est en suivant mes envies que j’ai toujours trouvé mon salut. Dans la vie on n’a rien à perdre à se lancer dans l’inconnu et tout à y gagner. L’argent n’est qu’accessoire et on se convainc bien trop facilement que notre confort matériel nous est indispensable alors qu’en fait il suffit juste de se remettre en question sur notre façon de consommer. Bien sûr la frustration existe, les coups de ras-le-bol aussi, le stress également, mais que sont-ils quant on a à côté la satisfaction d’avoir fait les bons choix et de savoir qu’on ne gâchera pas 40 ans (et plus) de sa vie à travailler minimum 35h/semaine pour une / des entreprises qui n’en ont rien à foutre de nous sinon d’être un pion sur leur échiquier qui leur fait gagner toujours plus d’argent ?

Le fait est que je fais partie de ces gens incapables de s’intégrer dans le monde du travail et surtout incapables de choisir un métier. Trop libre, trop curieuse, trop passionnée… seraient les points négatifs que je pourrai donner comme réponse à « Quels sont vos défauts ?» devant un employeur. Et c’est le cas. J’aime ma liberté plus que tout, je n’aime pas les contraintes, je ne supporte pas les habitudes, la routine, les horaires fixes, la stabilité. J’aime pouvoir changer de travail comme on change un vêtement, j’aime apprendre de nouvelles choses chaque jour, même si celles-ci n’ont rien à voir entre elles, j’aime être excité à l’idée d’aller vers l’inconnu. J’aime ne pas savoir de quoi sera fait demain. J’aime aussi avoir de l’argent sur mon compte en banque pour ne pas avoir à m’inquiéter de comment payer les factures ou les réparations de la voiture, mais on ne peut pas tout avoir voyez-vous !

Alors j’ai choisi cette vie précaire qui fait tant peur aux gens. Je l’ai officiellement et totalement embrassée en quittant Paris. Tout est plus simple loin de la grande ville même si certaines boîtes d’intérim te regardent avec des yeux gros comme des soucoupes remplis d’incompréhension quand tu leurs dis que tu ne veux que des contrats à la journée ou à la semaine et que tu ne veux surtout pas de CDI ou de CDD longue durée.

J’ai choisi de ne pas travailler comme j’aime le dire, ce qui est partiellement faux, mais ma vision des choses c’est que lorsque tu aimes ce que tu fais, que tu te laisses la liberté totale d’accepter ou refuser un emploi, que tu gagnes de l’argent par passion alors tu ne travailles pas, tu Vis tout simplement. Et aujourd’hui je vis ! Je ne subis pas une situation que je n’ai pas choisie, je vis une situation que j’ai voulu, cherchée et embrassée en pleine conscience des difficultés qu’elle apporte. Du fait que je n’aurai que rarement un compte en banque avec 4 chiffres dessus et que je dois faire attention à tout ce que je fais.

Pour en revenir à la dernière phrase de mon second article, faire des inventaires a été un déclic en moi, une révélation. J’aime faire des inventaires, me surpasser pour aller toujours plus vite, mais tout en étant précise dans mon comptage. J’aime l’idée de ne pas avoir d’horaire, de signer un contrat pour quelques heures, d’avoir la liberté d’accepter ou refuser les missions, de faire différents types de magasins, de changer de lieu à chaque mission. Beaucoup font ça pour payer leurs études, parce qu’ils sont aux chômages et ne trouvent pas d’emploi…moi je le fais pour le plaisir, parce que j’adore ça et que j’y vais sourire aux lèvres.

Contrat d’inventaires, missions courtes d’intérim, travail créatif en freelance, contrat saisonnier…tout ces emplois dits « précaires » que certains voudraient voir disparaître au profit d’embauche en CDI, dites-vous qu’il y a des gens qui choisissent cette vie volontairement. Le salariat et les CDI, ce ne sont que des options qu’on nous encourage à prendre. On nous fait croire que c’est comme ça, qu’il n’y a que de cette façon que l’ont pourra s’épanouir et s’en sortir dans la vie, mais en réalité il existe tellement plus d’options que celles-ci.

Les gens vivent dans la peur du manque et dans la peur du lendemain. Peur de se retrouver au chômage, peur de ne plus exister aux yeux de la société, peur d’avoir un trou de plusieurs mois ou années dans son CV, peur de perdre ses amis, peur de manquer d’argent…la PEUR, ce mot, aujourd’hui vecteur de notre société, ces 4 lettres qui dirigent notre vie et qui font qu’on a tellement de gens en dépression ou en Burn Out parce qu’ils ont peur de quitter un emploi qu’il ne supporte plus, de ne pas pouvoir payer leurs loyers ou leur crédit, peur d’attaquer aux prud’hommes un employeur…
La PEUR vous dirige, gèrent vos vies alors qu’il suffirait se s’en détacher pour commencer à vivre pour vous.

Je ne vous dis pas que quitter le salariat est la solution ou la seule voie possible, j’ai bien conscience qu’il y a des gens qui s’épanouissent totalement à travers leur travail et que nous ne sommes pas tous faits pour être indépendants. En fait, le principal dans l’histoire c’est d’accepter qui vous êtes et d’écouter vos envies, n’ayez pas peur de quitter un confort illusoire pour vous réaliser. Sortez de votre zone de confort, lancez-vous, apprenez à ne plus craindre le manque, lâchez prise…

Voilà où je voulais en venir avec ces trois articles. C’est un peu brouillon je le conçois. Mais réfléchissez à votre vie, à vos rêves lorsque vous étiez enfants, réfléchissez à ce que vous avez laissé en chemin au profit de votre vie d’adulte. Êtes-vous heureux ? Épanouis ? N’avez-vous pas des regrets ? N’avez-vous pas des rêves à réaliser ? Un métier passion que vous souhaitiez faire ? Trouvez votre voie, elle n’est pas forcément celle que la société nous vend.

Apprenez à vivre et à vous réaliser dans la vie tout simplement.

Où comment j’ai refusé un CDI #2

Suite de l’article de « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? #1 »

Nous sommes fin d’année 2007, diplôme en poche, je décide de profiter du chômage et ne pas chercher de boulot. Objectif, passer le permis, je me donne 9 mois. Je l’aurai au bout de 9 mois, le 11 septembre 2008, mais délesté de 3000€. Ca c’est fait !

Durant cette année j’ai cherché à rentrer en contrat pro pour faire un CAP Photo, c’est peine perdu je ne trouve pas d’employeur. Ce qui au final sera une bonne chose puisque je n’aurai jamais pu faire cette formation, étant donné que je vais finir mon année avec une ALD pour Fibromyalgie qui durera 2 ans et qui sera le point de départ à ma réflexion sur mon rapport au travail.

Nous sommes fin 2010, je remarche sans béquille depuis août. J’ai décroché un contrat vacataire de 3 mois comme Agent de Greffe en Tribunal Administratif, en parallèle je me mets à mon compte pour bosser avec mon ancienne boîte.

Nous sommes en 2012, je suis réembauché comme vacataire pour le même boulot. J’y resterai 9 mois, entrecoupés de 3 semaines d’arrêt pour début de dépression avec une peur panique d’aller bosser suite à un changement de service dans lequel ça se passe mal. Ce que ma hiérarchie prend pour un caprice. Cependant, ils me veulent. On m’offre ce que certains considèrent comme le Graal : un boulot de fonctionnaire. J’avoue avoir hésité, pour l’argent, mais très vite j’ai pris la décision de ne jamais passer ce recrutement sans concours.

Décision bien entendu incomprise de beaucoup. Il est impensable aujourd’hui de refuser un poste et un salaire à vie dans une société où le taux de chômage est si fort et la difficulté à trouver un cdi si présente. Ils ont tenté de me faire culpabiliser et de me faire changer d’avis, mais il faut savoir que la culpabilité chez moi ça ne prend pas.  Je suis partie. Ils se sont vexées, pensant jusqu’au dernier moment que je reviendrais sur ma décision. Il faut savoir que lorsque je décide quelque chose je vais au bout de mon choix que celui-ci soit bon ou mauvais. Celui-ci était le second meilleur choix de ma vie (cf le premier article).

En passant, tenter de faire culpabiliser quelqu’un est un trait de l’être humain que je ne comprends pas.

Re-chômage, là encore sans chercher réellement de boulot vu qu’à chaque fois je n’ai toujours voulu que du mi-temps, en cdd, sur des postes réservés aux étudiants et hors alimentaire / restauration. Bien sur que mes candidatures n’obtenaient pas de suite.

Rien de bien intéressant par la suite, si ce n’est que toutes ces années j’ai continué à travailler en freelance à côté, je ne gagnais pas grand chose mais c’était aussi un choix. Fin d’année 2015, j’ai découvert les contrats d’inventaires, une sorte de mini révélation pour moi…

Alors pourquoi je vous raconte tout ça ? A quoi je veux en venir ? En fait, je vais essayer de vous expliquer ma façon de voir les choses dans le prochain article…

Suite de la lecture : Il faut penser à ton avenir #3

Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? #1

« Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? »

Tu as six ans, c’est ton premier jour d’école. Tu entres en CP, tu es un grand maintenant, même si tu sais à peine lire l’alphabet et écrire ton nom – la plupart du temps – mais la première question qu’on te pose c’est celle-ci. Les unes répondront « Chanteuses » les autres répondront « Footballeurs » pour ne pas sortir des clichés.
A l’époque, j’ai dû dire « Pompier » ou « Vétérinaire ».

Nous sommes 5 ans plus tard, tu entres en 6ème et la première chose qu’on te demande c’est encore et toujours cette même question. Tu as grandi, tes choix ont changé, tu seras peut-être « Médecin » ou « Acteur ».
A l’époque, j’ai répondu « Professeur pour les sourds-muets et les aveugles ».

Quelques courtes années passent et nous voilà en 3ème, il est temps de penser à ton orientation finale, celle qui déterminera les études que tu feras pour ton futur métier. On te vend le bac comme le graal à avoir, on oublie de te parler de toutes les autres formations qui existent. Tu n’apprendras qu’à 16 ans qu’en réalité il existe des CFA, et que tu peux passer une formation diplômante. Nous sommes en 1999/2000, internet n’a pas encore l’étendue qu’on lui connaît aujourd’hui et donc il était plus difficile de se renseigner par ce moyen. Bien sûr, tu as été voir la Conseillère d’orientation, tu as également été voir l’Onisep…mais on ne te parle toujours que du BAC. A ce moment-là je voulais être ergothérapeute ou encore infographiste ou même encore profiler voir psychologue pour enfants. Tu remarqueras la fille qui se cherchait totalement.

Nous sommes en seconde et, la première question que l’on te pose est toujours la même. Ca devient redondant cette histoire !
Cette année est celle de l’orientation finale avant le bac. J’aurai le choix (dans mon lycée) entre (attention clichés) :
– L, dit la section des perdants,
– ES, dit la section de ceux qui ne sont pas assez doués pour faire S,
– S, la section ultime, celle qu’il faut absolument faire pour réussir dans la vie.
– et, finalement STT, la section qui est un peu considérée comme la pire pour une raison que j’ignore, mais elle n’avait pas une bonne image.

Bref, je ferai une L. Je n’irai pas au bout de mon année. Il faut dire que j’avais déjà lâché l’affaire en seconde ayant décidé que le lycée ce n’étais pas fait pour moi. Je trouvais bien plus intéressant de lire que de suivre les cours.

Cette année là, j’ai dis « je veux être photographe », on m’a répondu « c’est bouché et si tu n’es pas un homme tu ne réussiras pas ». J’ai dis, « je veux être webmaster », on m’a répondu « c’est un métier d’homme, les femmes n’y sont pas acceptés ». J’ai dis « dans 10 ans je serai à mon compte », on m’a répondu « Bon courage ! » (sous-entendu tu n’y arriveras pas). J’ai lâché l’affaire et décidé de faire mon bonhomme de chemin, l’école ne pouvais plus rien pour moi.

On m’a dit « Passe au moins ton BAC anticipé ». Mais dans ma tête les choses étaient clair, jamais je ne passerai mon bac. C’était le premier vrai choix de ma vie (avec celui d’arrêter le lycée en cours d’année) et je ne l’ai jamais regretté.

Et après ? A 19/20 ans, j’ai passé un an dans une école de la seconde chance, une très bonne expérience : des professeurs proches des attentes et des difficultés de chaque élève, des stages en entreprises, des cours loin de ce que j’ai connu par le passé. Une section spécifique dans un lycée général qui était malheureusement remise en cause chaque année par l’éducation nationale, cette section ne reposant sur aucun programme officiel. Puis j’ai poursuivi avec un an de contrat Pro en école privée. J’ai eu mon diplôme de Webdesigner / Intégrateur, ça fait joli sur le cv mais en réalité on s’en fout si ce n’est la satisfaction d’avoir un diplôme BAC+2 sans avoir le bac.

Nous voici donc à la fin de mon parcours scolaire et de mes choix d’orientations, la suite je te l’explique demain car c’est un peu plus compliqué…

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Escapade Musicale, à l’origine… #0

Mon rapport à la musique remonte à l’enfance, à quand j’avais 5/6 ans plus exactement et que ma grand-mère a tenté de m’apprendre le piano, mais je crois que je ne saurai jouer de toute ma vie que quelques notes d’Au Clair de la Lune. La logique pour arriver à jouer de deux mains sur cet instrument m’a toujours dépassé. A l’époque, je rêvais d’apprendre la Guitare et la flûte traversière. A 12 ans, il y a eue le collège et sa flûte à bec, mais là encore il semble que je n’étais pas douée. Il faut dire que je rêvais d’une belle flûte en bois et que j’ai hérité de la classique flûte en plastique vendu dans tout hypermarché qui se respecte. A l’âge de 21 ans, j’ai commencé la guitare avec un de mes profs qui me donnait des cours une fois par semaine pendant l’heure du repas. Je n’ai pas continué après et ma guitare est là à attendre que je la reprenne en main.
J’adore la musique et ses instruments, notamment la guitare, le violon, la flûte (amérindienne), le didgeridoo, le hang, le bodhran…Elle est un des moteurs de ma vie, mais il semble qu’elle ait décidé de ne pas me livrer le secret de sa magie.

À côté de ça, la musique à toujours été présente dans ma vie à travers l’écoute. Pendant plusieurs années, il y a eu les vinyles de ma mère : Sardou, Joe Dassin, Dave, Johnny Halliday, Abba, Les Compagnons de la Chanson ainsi que des vinyles de musiques classique mais je dois avouer que la musique classique n’a jamais résonné en moi. J’ai été fan de Sardou pendant un paquet d’années et j’aime toujours. Quant à l’époque, soit vers mes 10/11 ans, c’était la mode des boys band – que j’exécrais soi dit en passant – j’écoutais Sardou, Céline Dion et autres variété Française plus récentes. J’ai par la suite eu ma période « Dance / Techno » avec Eiffel 65 ou encore Daddy DJ, puis j’ai découvert le métal à 15 ans avec Angra, puis Tristania, Nightwish, Rhapsody, Freedom Call, Children of Bodom. A l’époque nous étions donc en pleine mode du neo-metal avec Slipknot et Korn ainsi que les très connus Cradle of Filth ou encore Marylin Manson. Le fait est que je n’ai jamais aimé ces quatre groupes à l’exception d’un titre ou deux.

Mon CD d’Angra a tourné pendant un an non-stop sans que je m’en lasse. J’avais enfin trouvé la musique qui me parlait au plus profond et puis j’ai découvert les styles « goths » et très vite je me suis découvert un amour sans borne pour les groupes Allemands. De ce jour j’ai regretté de ne pas avoir pris Allemand en deuxième langue…

Aujourd’hui nous en somme là, quinze ans de métal principalement symphonique et heavy pendant des années et depuis peu de Black Atmosphérique, d’électro dark, de la musique celtique, un peu de rap engagé, de pop-rock…aujourd’hui, ce que j’écoute est globalement un gros mélange de plein de style.

J’ai donc décidé pour finir d’introduire cette catégorie de vous faire découvrir le titre qui m’a fait plonger dans le métal. Il est tiré de l’album Rebirth d’Angra, le premier album du groupe sans André Matos et s’intitule donc « Rebirth ».