…on dit qu’en des temps lointain elle était libre…


« La liberté c’est se libérer des préjugés de son éducation, de l’image de ses parents, de sa culture et de tout ce qui fait que l’on pense les choses avant de les observer. L’éducation nous amène à construire un tunnel solide, qui nous protège du monde environnant mais qui n’indique qu’une toute petite lumière au fond. La Liberté c’est enlever ce tunnel, accepter le monde tel qu’il est et ne plus en avoir peur.”
— Bernard Werber

On m’a appris qu’il fallait préparer l’avenir, qu’avoir une bonne situation était primordial pour bien vivre et que plus tard je passerai mon héritage à la future génération, celle qui sortira de mon ventre.

On m’a appris qu’à 7 ans déjà je devais avoir une idée de ce que je ferai plus tard, que je passerai au minimum les 11 prochaines années de ma vie le cul posé sur une chaise à écouter un adulte me dicter ce qui est bien et ce qui est mal. M’enseigner ce que je dois savoir selon une vérité édictée par une hiérarchie qui nous prépare à demain.

On m’a appris qu’à 12 ans j’aurai déjà du commencer à m’intéresser aux garçons et que je n’était plus en âge de Rêver. On m’a appris que j’entrais dans l’adolescence et qu’il allait falloir faire des choix. On m’a également appris que j’allais être une femme et que je devais me comporter comme telle, ce qui inclus ne plus courir nue dans les bois.

A 16 ans on m’a bien fait comprendre que je devais savoir ce que sera ma vie plus tard, que je devais avoir le bac pour ne pas finir comme caissière dans un supermarché. On a commencé à me demander si je voulais des enfants, pour être sur que je serai une bonne femme pour la société, pointant tout de même du doigt celles qui avaient eue le malheur de tomber enceinte à cet âge-là comme si elles étaient de salopes. A 16 ans, on te fait comprendre que tu n’es plus une gamine et qu’il n’y a que les études qui comptent. Les Rêves sont censés être oubliés depuis longtemps.

A 18 ans on te demande si tu as eue ton bac, quelle filière tu as prise et à quel métier tu te destines. Tu ne dois pas ne pas savoir, tu ne dois pas hésiter, l’avenir dépend de toi, ton avenir dépend de tes choix. Pas d’étude, pas d’avenir comme disent/pensent certains.

Et puis il y a toi, toi et tout ce monde qui t’entoure, cherche à te mettre la pression, te montrer que tu ne fais pas les bons choix et que tu es trop immature. Il y a ces gens, qui pensant bien faire se permettent de décider pour toi comment sera ta vie, ces gens surement frustrés de n’avoir pu gérer la leur et qui ne font que répéter des schémas inscrit en eux. Mais il y a toi.

Il y a ce toi qui n’a jamais rien compris, ce toi qui à toujours regardé ce qui l’entourais avec de gros yeux d’incompréhension, qui n’a jamais compris ce qu’on attendais d’elle, pourquoi on attendais tant d’elle. Il y a cette fille qui observant s’est toujours dis que jamais elle n’irait se mêler à tout ça et qui malgré elle a fini par laisser cette gangrène s’insinuer en elle.

Alors elle l’à combattu, se fatiguant, se blessant et parfois elle tombait pour se relever toujours un peu plus difficilement de ses assauts. Elle l’a combattu ainsi pendant de longues années, tel un chevalier prêt à tout pour sauver son roi…A la vie à la mort ! Parfois la gangrène reculait, préparait ses troupes pour mieux revenir à la charge, quant elle, seule contre tous avec pour seule arme sa détermination et ses Rêves continuait tant bien que mal de lui résister.

Et puis la Vie, celle qu’elle ne maîtrisait pas, celle qu’elle n’avait pas vraiment eue le temps d’explorer, ayant passé sa vie à combattre ce mal invisible et pourtant tout autour de nous. La Vie l’a rattrapé, balayant tout sur son chemin telle une tornade, remettant les compteurs à zéro. Alors elle devint victorieuse.

Telle une enfant qui apprends à marcher, la Vie avait décidé qu’un champ vide serai son univers. Qu’il lui allait falloir tout reconstruire, de nouvelles bases, de nouveaux projets, un nouveau futur, un nouveau présent également.

Personne ne sait si la fille allait s’élancer, courir dans le champ à la découverte de l’inconnu. Personne n’aurait pu dire si la gangrène telle une proie se préparait à revenir à la charge. Mais on dit qu’en des temps lointain elle était libre et que sa Liberté était son combat.

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