Il faut penser à ton avenir #3


Précédents articles :
Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? #1
Où comment j’ai refusé un CDI #2

« Il faut penser à ton avenir » qui n’a pas vécu avec cette phrase plus ou moins suspendue au-dessus de sa tête ? dite et répété par la famille, les amis ou encore des professionnels. Cette phrase qui fout la pression à tellement de jeunes au point parfois d’écouter les choix que la famille fait pour eux plutôt que d’écouter vraiment leurs envies par peur de l’avenir et du manque d’argent.

On est conditionnés dès l’entrée à l’école à préparer notre avenir, celui qui est censé faire de nous un adulte mature et responsable, celui qui fera qu’on aura notre place dans la société. Mais le fait est que les choses sont plus compliquées…

Chaque fois que j’ai dit à quelqu’un que je ne voulais pas d’un CDI, que je ne voulais pas d’un travail fixe et que ma liberté était ma priorité, on m’a rétorqué que je disais ça aujourd’hui parce que j’étais jeune, mais que la vie allait me rattraper, qu’il faudrait que j’arrête de vivre au pays des bisounours et que je me range comme tout le monde. C’est comme lorsque vous dites que vous ne voulez pas d’enfant en fin de compte. On sait mieux que vous que vous vous trompez et changerez d’avis.

Lorsque je suis tombé malade, après 6 mois d’errances médicales, à aller d’examen en rendez-vous médicaux, à s’entendre dire qu’on restera peut-être dans cet état à vie car on ne sait pas ce que vous avez – vu que tous les examens étaient absolument normaux – j’ai cru devoir abandonner mes rêves, j’ai cru que jamais je ne remarcherai sans mes béquilles, mais j’ai aussi eue deux ans pour réfléchir à ce que je voulais vraiment. J’aurai pu décider d’être raisonnable étant donné que j’aurai sûrement ma fibromyalgie à vie. J’aurai pu choisir de me ranger, faire une reconversion / chercher un CDI pour commencer une vraie vie professionnelle, penser à l’avenir, à la retraite – vous savez celle que vous ne verrez jamais ? – en réalité, j’ai choisi tout le contraire, parce que ces deux ans m’ont conforté dans l’idée que je devais aller au bout de mes rêves et ne pas laisser la société me happer.

Ne croyez pas que c’était simple. Aller au bout de mes convictions a toujours été un fort combat avec moi-même. On est, mine de rien, conditionné à l’idée qu’il faut travailler pendant 40 ans, à l’idée de devoir avoir un salaire pour survivre. Mais au final, c’est en suivant mes envies que j’ai toujours trouvé mon salut. Dans la vie on n’a rien à perdre à se lancer dans l’inconnu et tout à y gagner. L’argent n’est qu’accessoire et on se convainc bien trop facilement que notre confort matériel nous est indispensable alors qu’en fait il suffit juste de se remettre en question sur notre façon de consommer. Bien sûr la frustration existe, les coups de ras-le-bol aussi, le stress également, mais que sont-ils quant on a à côté la satisfaction d’avoir fait les bons choix et de savoir qu’on ne gâchera pas 40 ans (et plus) de sa vie à travailler minimum 35h/semaine pour une / des entreprises qui n’en ont rien à foutre de nous sinon d’être un pion sur leur échiquier qui leur fait gagner toujours plus d’argent ?

Le fait est que je fais partie de ces gens incapables de s’intégrer dans le monde du travail et surtout incapables de choisir un métier. Trop libre, trop curieuse, trop passionnée… seraient les points négatifs que je pourrai donner comme réponse à « Quels sont vos défauts ?» devant un employeur. Et c’est le cas. J’aime ma liberté plus que tout, je n’aime pas les contraintes, je ne supporte pas les habitudes, la routine, les horaires fixes, la stabilité. J’aime pouvoir changer de travail comme on change un vêtement, j’aime apprendre de nouvelles choses chaque jour, même si celles-ci n’ont rien à voir entre elles, j’aime être excité à l’idée d’aller vers l’inconnu. J’aime ne pas savoir de quoi sera fait demain. J’aime aussi avoir de l’argent sur mon compte en banque pour ne pas avoir à m’inquiéter de comment payer les factures ou les réparations de la voiture, mais on ne peut pas tout avoir voyez-vous !

Alors j’ai choisi cette vie précaire qui fait tant peur aux gens. Je l’ai officiellement et totalement embrassée en quittant Paris. Tout est plus simple loin de la grande ville même si certaines boîtes d’intérim te regardent avec des yeux gros comme des soucoupes remplis d’incompréhension quand tu leurs dis que tu ne veux que des contrats à la journée ou à la semaine et que tu ne veux surtout pas de CDI ou de CDD longue durée.

J’ai choisi de ne pas travailler comme j’aime le dire, ce qui est partiellement faux, mais ma vision des choses c’est que lorsque tu aimes ce que tu fais, que tu te laisses la liberté totale d’accepter ou refuser un emploi, que tu gagnes de l’argent par passion alors tu ne travailles pas, tu Vis tout simplement. Et aujourd’hui je vis ! Je ne subis pas une situation que je n’ai pas choisie, je vis une situation que j’ai voulu, cherchée et embrassée en pleine conscience des difficultés qu’elle apporte. Du fait que je n’aurai que rarement un compte en banque avec 4 chiffres dessus et que je dois faire attention à tout ce que je fais.

Pour en revenir à la dernière phrase de mon second article, faire des inventaires a été un déclic en moi, une révélation. J’aime faire des inventaires, me surpasser pour aller toujours plus vite, mais tout en étant précise dans mon comptage. J’aime l’idée de ne pas avoir d’horaire, de signer un contrat pour quelques heures, d’avoir la liberté d’accepter ou refuser les missions, de faire différents types de magasins, de changer de lieu à chaque mission. Beaucoup font ça pour payer leurs études, parce qu’ils sont aux chômages et ne trouvent pas d’emploi…moi je le fais pour le plaisir, parce que j’adore ça et que j’y vais sourire aux lèvres.

Contrat d’inventaires, missions courtes d’intérim, travail créatif en freelance, contrat saisonnier…tout ces emplois dits « précaires » que certains voudraient voir disparaître au profit d’embauche en CDI, dites-vous qu’il y a des gens qui choisissent cette vie volontairement. Le salariat et les CDI, ce ne sont que des options qu’on nous encourage à prendre. On nous fait croire que c’est comme ça, qu’il n’y a que de cette façon que l’ont pourra s’épanouir et s’en sortir dans la vie, mais en réalité il existe tellement plus d’options que celles-ci.

Les gens vivent dans la peur du manque et dans la peur du lendemain. Peur de se retrouver au chômage, peur de ne plus exister aux yeux de la société, peur d’avoir un trou de plusieurs mois ou années dans son CV, peur de perdre ses amis, peur de manquer d’argent…la PEUR, ce mot, aujourd’hui vecteur de notre société, ces 4 lettres qui dirigent notre vie et qui font qu’on a tellement de gens en dépression ou en Burn Out parce qu’ils ont peur de quitter un emploi qu’il ne supporte plus, de ne pas pouvoir payer leurs loyers ou leur crédit, peur d’attaquer aux prud’hommes un employeur…
La PEUR vous dirige, gèrent vos vies alors qu’il suffirait se s’en détacher pour commencer à vivre pour vous.

Je ne vous dis pas que quitter le salariat est la solution ou la seule voie possible, j’ai bien conscience qu’il y a des gens qui s’épanouissent totalement à travers leur travail et que nous ne sommes pas tous faits pour être indépendants. En fait, le principal dans l’histoire c’est d’accepter qui vous êtes et d’écouter vos envies, n’ayez pas peur de quitter un confort illusoire pour vous réaliser. Sortez de votre zone de confort, lancez-vous, apprenez à ne plus craindre le manque, lâchez prise…

Voilà où je voulais en venir avec ces trois articles. C’est un peu brouillon je le conçois. Mais réfléchissez à votre vie, à vos rêves lorsque vous étiez enfants, réfléchissez à ce que vous avez laissé en chemin au profit de votre vie d’adulte. Êtes-vous heureux ? Épanouis ? N’avez-vous pas des regrets ? N’avez-vous pas des rêves à réaliser ? Un métier passion que vous souhaitiez faire ? Trouvez votre voie, elle n’est pas forcément celle que la société nous vend.

Apprenez à vivre et à vous réaliser dans la vie tout simplement.

You may also like

LEAVE A COMMENT

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.