Introspection


Plus je crée, plus j’entre dans mon univers. Je suis sur la bonne voie, celle que je me cherche depuis des années au travers d’Otisak ou à travers la photo. Par mon besoin de forêts et de montagne, j’ai trouvé une route, loin de celles-ci. Je ne suis qu’au début de ce cheminement créatif, mais je sens que ça travaille, en moi. Des images me viennent, la Nature s’éveille à moi : plus sensible à ses sons, ses odeurs. Avec elle je me sens vivante, transportée dans un ailleurs, frontière entre deux mondes. Bientôt elle et moi pourront travailler de concert à faire de mes images une réalité.

Mais tout ça a un prix. S’éloigner toujours un peu plus de ce monde, de celui qui m’abrite depuis des années sans que j’y trouve ma place. Errance, solitude, expérimentation, dépassement de soi, des limites. L’humain m’angoisse, la Nature me rassure, c’est un fait ! J’ai besoin de m’en approcher encore plus…


L’approche de la reprise d’un quotidien certes différent d’une majorité de la population me donne envie de partir loin, d’aller me perdre dans la forêt pour oublier que je ne suis pas encore sortie de cette société qui m’oppresse au quotidien. Je n’aime pas l’inconnu quand je ne le maîtrise pas, je n’aime pas l’absence d’information, l’aléatoire. Dans le travail, si je ne dirige pas les choses, je suis mal à l’aise et à contrario je ne souhaite pas avoir un poste où j’aurai ce genre de position, je ne veux pas avoir m’engager dans un quelconque emploi qui ne soit pas de ma création. L’idée de revoir le monde, devoir apprendre à travailler avec de nouvelles personnes, se confronter à différentes personnalités / intelligences, m’est difficile. Je ne suis pas fait pour le travail en équipe et pourtant c’est moi qui l’ai voulu, mais, aujourd’hui je me rends compte que je ne suis pas à ma place, ni ici, ni là-bas. Tout arrêter serai si simple…s’isoler toujours un peu plus et redevenir cette créature qui tenterai de passer invisible au yeux des humains, silhouette obscure, enfermé dans son monde et parano de ce qui l’entoure…mais je n’ai pas non plus aimé cette période de mon existence. Je dois trouver un compromis pour ne pas me laisser happer par ce besoin irrépressible de m’extraire de ce monde, mais je ne sais pas faire dans l’équilibre, je ne connais que les extrêmes.

Petit à petit je commence à cerner ces deux entités masculines et féminines qui m’habitent, le rôle que chacune d’elles choisis de jouer dans mon quotidien, quant elles décident d’intervenir. Je m’en rends compte, car lorsque j’écris le « sexe » change selon le sujet. Je ne sais pas si j’ai un avantage à tirer de cette « prise de conscience », mais j’ai longtemps refusé cette dualité en moi, ne souhaitant pas faire vivre la part féminine de mon être alors qu’au final, elle et lui et nous deux sommes complémentaire. Ni elle, ni il, mais Nous.
Est-ce qu’ils sont liés à mes deux personnalités ? Surement, mais pour le moment je les dissocient, incapable de savoir comment les relier, qui pourrait être qui, comment lier deux entités complémentaires à deux êtres que je n’arrive pas à faire vivre ensemble dans mon esprit ?

Tout est lié, je le sais, mais les pièces du puzzle m’échappe. Arriverai-je seulement un jour à en poser la pièce finale ?

Je sais que mon moi profond, qui je suis réellement, sommeille, là, quelque part, au fond de mon esprit. Actuellement je ne suis qu’un ersatz de moi-même, une espèce de chimère qui ne montre bien que ce qu’elle veut / que les autres veulent. Parfois, j’ai des bribes de mon moi réel qui remontent, des bribes que je suis incapable de laisser s’exprimer tellement je crains de ce que ça signifierai pour moi, de l’ouragan que ça provoquerai dans tout mon être et dans ma vie. Je ne suis pas prêt à ça, j’ai encore trop de choses à comprendre, trop de barrières à abattre avant de pouvoir être au grand jour, de pouvoir exister. Tout ça ce ne sont que des protections vis à vis de moi-même, j’en ai bien conscience. Faut-il que je tombe au plus bas pour (re)naître ? Faut-il que je me perde dans ma folie ? Ma solitude ? Il n’y a qu’en brisant toutes mes barrières mentales, en laissant tomber ce voile opaque que ça pourrait arriver, mais pour ça, il faudrait que j’accepte de perdre totalement le contrôle et, pour le perdre il faut que tout mon univers s’écroule.

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