A l’aube d’une nouvelle année


Gamine, je ne comprenais pas le monde des enfants, je le trouvais cruel. Je voulais être adulte, je pensais que j’y serai plus à ma place. Aujourd’hui je ne comprends au final aucun des deux mondes, les deux sont cruels, injustes, faux, superficiels, bourrés d’obligations.


Je ne suis pas une enfant, je ne suis pas une adulte. Je ne serai jamais aucun des deux, je suis juste une créature à la fois humaine et animale, évoluant à la limite de deux monde et qui peut basculer à tout moment dans les abîmes. Enfant c’était déjà le cas, j’évoluais à la frontière entre deux mondes. Je tentais de survivre dans l’un tout en m’épanouissant dans l’autre. J’avais cette face cachée dont seule ma famille avait connaissance. Cette face qu’il fallait que je cache au monde, pour ma survie. A l’adolescence je l’ai étouffé car il fallait que je survive dans ce monde cruel qui était entrain de me détruire à petit feu mais dont il fallait que j’en comprenne les codes, que je m’y fonde. Mais je ne les aie jamais compris. J’ai pris conscience bien des années plus tard que ça ne servais à rien, j’étais ce que j’étais, je ne pouvais pas être une autre, je ne savais pas tricher. Je ne serai jamais un bon acteur au jeu de la vie, je ne serai toujours que moi même, sans masque sinon celui des murs que je me suis construit au fil du temps.

A une autre époque j’aurai pu être brûlée pour avoir été ce que j’étais, ce que nous étions. Je l’ai été en un certains sens, indirectement et il m’a fallu de nombreuse années pour renaître de ces cendres, mais j’y ai laissé quelque chose, une part de mon âme.

J’aurai pu être quelqu’un de profondément différent de ce que je suis aujourd’hui, surement encore plus en décalage avec le monde mais en même temps avec une vision surement plus éclairé, une intuition plus forte, une ouverture sur l’autre monde tellement plus développé.

Oh bien sur, je pourrai retrouver une part de ce que j’ai perdu. Mais ces murs, ils sont tellement dur à abattre, tellement bien érigé que je me trouve actuellement dans l’incapacité de les briser et pourtant j’ai conscience de ce qui est tapis, là, au fond de moi. Parfois quand je perds le contrôle continue que j’exerce sur moi-même ça ressurgit, mais mon instinct de survie s’occupe immédiatement de parer à cet instant de faiblesse. Et pourtant, si j’écoutais cette intuition, si j’écoutais mes rêves, si j’étais capable d’ouvrir de nouveau mon être entier à tout ça, je sais que ça en vaudrait le coup. Mais j’ai peur, peur de ce que je pourrai y découvrir, peur de découvrir cette partie de moi que j’ai muselé, emprisonné pour me protéger alors qu’aujourd’hui il n’y a plus aucun risque.

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